Déclaration d'autodétermination
des Earthlings

La présente Déclaration expose les principes et le modèle visé du peuple Earthlings

Nous sommes des personnes de pays, de cultures et de convictions divers. Ce qui nous unit, c'est notre lien avec la planète Terre et notre souci de son avenir. Nous proclamons la création d'un peuple transnational - les Earthlings. C'est une communauté volontaire, fondée sur les valeurs universelles de la vie, de la liberté et de la solidarité planétaire.

L'humanité est devenue un organisme unique, mais elle est gouvernée par des outils conçus pour un monde divisé. Les défis mondiaux appellent des réponses mondiales, mais les gens n'y ont aucune voix directe en dehors de la médiation des États. C'est ainsi que naît le besoin d'une nouvelle forme de coopération, qui agit par-dessus les frontières sans abolir ce qui existe déjà.

PARTIE I
POURQUOI UN NOUVEAU PEUPLE EST NÉCESSAIRE
ARTICLE 1

Un modèle qui a fait son temps

Pendant des millénaires, l'identité humaine s'est définie par le lieu de naissance, l'appartenance ethnique, la religion et la langue. Les États, à leur tour, se sont bâtis sur les mêmes principes communs : le monopole de l'usage de la force, le contrôle du territoire et un appareil de coercition.

Ce modèle n'a pas changé en des milliers d'années. Les formes du pouvoir sont passées de l'esclavage au féodalisme, puis à la bureaucratie, mais l'essence est restée la même. Le pouvoir a servi d'instrument de coercition, et l'individu est demeuré un objet de contrôle, privé de tout moyen de gouverner sa propre vie.

Guerres et institutions

À mesure que l'industrie et l'économie se développaient, les liens entre les États sont devenus plus enchevêtrés. Le commerce, la technologie et la finance ont entremêlé leurs intérêts, sans pour autant supprimer leurs conflits - ils n'ont fait que les aiguiser. Plus étroitement certains États coopéraient entre eux, plus leur lutte contre les autres devenait âpre. La Première Guerre mondiale a montré où mène ce chemin, et la Seconde a montré que la leçon n'avait pas été retenue.

Dans un effort pour empêcher que la catastrophe ne se reproduise, des institutions intergouvernementales ont été créées : l'ONU en 1945, le système de Bretton Woods en 1944 et des dizaines de traités internationaux dans la seconde moitié du XXe siècle. Elles ont été bâties avec des limites structurelles, où chaque État défend ses intérêts nationaux et où des mécanismes de veto bloquent les décisions critiques. Dans l'ensemble de ce dispositif, les gens ordinaires sont privés de toute voix sur des questions qui touchent directement à leur vie.

Le vide structurel ne tient pas à ce que l'humanité n'aurait aucune représentation, puisque les États parlent formellement au nom de leurs citoyens. Le vide est ailleurs. Les gens n'ont aucun mécanisme de participation collective directe aux affaires planétaires en dehors de la médiation des États.

Le résultat prévisible d'un tel dispositif est la violation systématique du droit international, avec des traités révisés unilatéralement. Les institutions créées pour prévenir les guerres se sont révélées incapables même de ralentir la glissade vers de nouvelles.

Idéologies et division

Ces institutions n'ont pu surmonter la fracture centrale du XXe siècle, où les idéologies ont été placées au-dessus de la vie. Elles ont divisé le monde en camps irréconciliables, chaque partie certaine de détenir seule la vérité. Le communisme contre le capitalisme, la démocratie contre le totalitarisme. Des concepts abstraits en sont venus à compter plus que les êtres humains réels. Des millions de personnes sont mortes pour des idées qu'on leur avait imposées.

Cette division s'est frayé un chemin jusque dans la structure même de la société. Les idéologies ont transformé le système politique en quelque chose qui ressemble à une religion. Les partis luttent pour le pouvoir, l'opposition s'oppose au pouvoir par principe, et les citoyens sont dressés les uns contre les autres. La politique a cessé de résoudre les problèmes pour devenir une lutte pour le contrôle.

Cette logique d'affrontement a aussi façonné l'économie, bâtie sur la concurrence sans conditions de départ égales, où la réussite dépend moins de l'effort que de l'accès initial aux ressources. Les systèmes bancaire et financier se sont transformés en structures à plusieurs niveaux pour drainer plus efficacement l'argent à travers les marchés boursiers, les produits dérivés et d'autres instruments secondaires. Ils existent pour entretenir un modèle dépassé et pour continuer à concentrer le capital.

Défaillance du système

À l'ère des défis mondiaux, des conflits armés et de la faim jusqu'au développement incontrôlé de l'intelligence artificielle, ce modèle de civilisation a fait son temps sous sa forme actuelle. Aucun État ne peut résoudre ces problèmes à lui seul, et les institutions internationales bâties il y a quatre-vingts ans se révèlent inégales à la tâche. Le monde est devenu imprévisible et la situation échappe à tout contrôle. La cause est plus profonde que n'importe quelle crise particulière : elle tient à la conception même de ce modèle.

Des milliards de personnes se retrouvent dans une course brutale à la survie qu'elles n'ont pas choisie, impuissantes à changer quoi que ce soit. Leur volonté est ignorée. Elles restent otages de décisions auxquelles elles n'ont pris aucune part. Un tel modèle engendre inévitablement des hiérarchies et l'affrontement, et l'ordre qu'il maintient repose sur la menace de la violence.

ARTICLE 2

La démocratie : un compromis devenu un piège

L'histoire a connu des tentatives de sortir de ce cercle vicieux. Après les révolutions et les bouleversements, la démocratie est née comme un compromis entre le pouvoir absolu et le chaos. L'idée était simple. Les citoyens délèguent l'autorité à des représentants élus pour une durée déterminée. Ces représentants se réunissent dans des parlements et donnent voix à la volonté de ceux qui les ont élus.

Le raisonnement paraissait solide. De vastes groupes de personnes ne peuvent prendre de décisions communes en criant sur les places. Il n'existait aucune technologie permettant la participation directe de millions de personnes à la prise de décision. La représentation semblait la seule issue.

Or, ce à quoi nous avons abouti, c'est la continuation du même vieux système qui dépossède chacun du pouvoir. Seulement, cela se produisait désormais volontairement, sans violence. Les citoyens ont cédé leur volonté et leur liberté, recevant en retour l'illusion de la participation : le droit, une fois tous les quelques années, de choisir qui déciderait à leur place.

La nature du pouvoir

Le pouvoir n'est pas seulement la capacité de contraindre. C'est un monopole sur la définition de la réalité. Celui qui détient le pouvoir décide pour tous les autres ce qui est juste et ce qui est injuste, ce qui est licite et ce qui est criminel. Les gens ne vivent pas simplement sous le contrôle du pouvoir. Ils vivent à l'intérieur d'une image du monde façonnée par le pouvoir.

La séparation du pouvoir en branches, les constitutions, les droits de l'homme - tout cela relève des tentatives du pouvoir de se limiter lui-même de l'intérieur, par un système de freins et de contrepoids.

Pourtant, la pratique montre à quel point ces mécanismes sont systématiquement inefficaces. La corruption aux plus hauts niveaux du pouvoir, les conflits d'intérêts, l'opacité de la prise de décision. Tout cela se reproduit dans les systèmes politiques, indépendamment de toute garantie institutionnelle formelle. Même dans les États dotés de traditions démocratiques mûres, le contrôle se resserre et les libertés civiles s'affaiblissent.

La démocratie s'est muée en un marché de l'influence. Les campagnes électorales exigent d'énormes ressources financières, accessibles principalement au capital des entreprises. Les structures de lobbying obtiennent un accès privilégié au processus législatif. Tout en conservant formellement le principe "une personne, une voix", le système fonctionne en réalité selon le principe "un dollar, une voix". C'est une conséquence de la manière dont la démocratie représentative est bâtie.

La dette publique comme indicateur systémique

Presque tous les États du monde ont accumulé une dette publique comparable, ou supérieure, à leur PIB annuel. Un paradoxe surgit : une institution créée pour gérer les ressources de la société dépense systématiquement plus qu'elle ne peut fournir.

Il n'existe aucune institution, internationale ou interne, habilitée à déclarer un État financièrement insolvable. La faillite, au sens où elle s'applique aux autres personnes juridiques, n'existe pas pour les États.

Les personnes qui n'ont pris aucune part aux décisions d'emprunter en paient les conséquences. Leurs enfants héritent de dettes qu'ils n'ont pas contribué à créer et auxquelles ils ne peuvent renoncer.

Une asymétrie de la responsabilité. Les systèmes juridiques sont bâtis sur le principe que la responsabilité est inéluctable. Les codes et les lois énoncent dans le plus grand détail les devoirs des citoyens et les sanctions de leur manquement. Le mécanisme de la responsabilité fonctionne sans faille dans un seul sens : du citoyen vers l'État.

Dans le sens inverse, ce mécanisme est absent. L'État ne rend pas compte à ses citoyens des causes et des conséquences de sa dette. Les citoyens n'ont aucun instrument juridique pour exiger une telle reddition de comptes ni pour contester les décisions d'emprunter.

Lors des crises systémiques - défauts, dévaluations, érosion de l'épargne - la responsabilité est imputée à des fonctionnaires particuliers, à des partis ou à des circonstances extérieures. L'État en tant qu'institution reste hors de portée de la responsabilité.

Le fardeau des conséquences retombe sur les seuls citoyens, par l'inflation, les impôts et les coupes dans leurs garanties. Et cela sans leur consentement et sans compensation.

Le récit défaitiste

La corruption, le crime organisé, l'inflation, l'inégalité économique, la polarisation sociale, la dégradation du système de santé, l'érosion de la justice, l'apathie politique des citoyens. Les guerres, la course aux armements, les crises économiques, l'incapacité de faire face aux menaces mondiales.

L'existence de ces problèmes n'est pas niée. Mais, au lieu de reconnaître une défaillance systémique, deux justifications sont avancées.

La première : il n'y a pas d'alternative. L'État sous sa forme actuelle est la seule manière possible d'organiser la société. La démocratie est imparfaite, mais l'humanité n'a rien inventé de mieux. Cette idée est répétée si souvent qu'elle est prise pour un axiome.

La seconde : l'être humain est corrompu par nature. Les gens sont égoïstes, agressifs, incapables de s'organiser. Sans contrôle extérieur, coercition et punition, ils se détruiront les uns les autres. Le pouvoir sur eux est donc un mal nécessaire.

Ces deux idées sont un mécanisme de défense du système. Elles rendent la critique vaine : pourquoi changer ce qui n'a pas d'alternative ? Pourquoi libérer ceux qui sont incapables de liberté ?

Ces deux idées sont réfutées par la pratique.

Le problème n'est pas la nature humaine. Le problème est que toute institution coupée de la participation directe des citoyens finit tôt ou tard par perdre le contact avec la réalité et par se détruire elle-même. Réformer un tel système de l'intérieur est extrêmement difficile, car il se reproduit à travers tout changement.

ARTICLE 3

Une société constructive

La racine du problème réside dans deux défauts structurels inscrits dans la conception elle-même.

Le premier : les gens sont dépouillés de leur véritable liberté et de leur statut juridique. Le mécanisme de la représentation les transforme en statistiques et en un électorat qui doit cocher une case une fois tous les quatre ans. Entre les élections, leur voix ne pèse d'aucun poids. Ils ne peuvent influer sur les processus en cours, et leur participation se réduit à un rituel symbolique.

Le second : la division et l'affrontement sont inscrits dans le fondement même de ce système. Il n'y a pas de société civile consolidée ; à sa place se dressent des partis, des factions, des lobbies et des groupes d'intérêts. Les gens sont divisés à tous les niveaux possibles : politiquement, économiquement et idéologiquement. Ils n'agissent pas comme un tout civique unique, ne peuvent parvenir à une position commune et ne peuvent se coordonner pour régler des questions vitales pour leur vie. Le système ne se contente pas de permettre cette division - il est bâti sur elle et l'entretient afin de se préserver.

Trois tâches pour un changement réel

Premièrement. Rendre à l'individu sa légitimité, sa liberté et son statut - et non pas seulement de façon symbolique. La participation à la vie collective ne devrait pas s'achever par un vote rare suivi d'années de silence.

Deuxièmement. Créer les conditions d'une société civile consolidée, capable d'agir comme un espace de solidarité consciente et de responsabilité partagée.

Troisièmement. Donner à cette collectivité une capacité juridique et institutionnelle. Elle doit pouvoir prendre part à la gouvernance, influer sur les processus et développer ses propres formes de coordination en tant que communauté organisée à la légitimité reconnue.

Pendant des siècles, ces tâches ont été à peu près impossibles à accomplir. La démocratie représentative est demeurée la seule réponse disponible, malgré toutes ses limites.

Aujourd'hui, ce dispositif cesse d'être la seule option. Des moyens apparaissent qui rendent possible la construction de nouvelles formes de participation, de transparence et d'accord. Il devient donc possible d'ajouter au système un "module" supplémentaire sous la forme d'une "société civile constructive", fondée sur la solidarité, l'accord et la responsabilité partagée. Cela est nécessaire non comme une opposition au système existant, mais comme son extension, une amélioration de ses fonctions et de ses capacités.

Deux solutions sont nécessaires pour y parvenir, répondant aux deux défauts décrits ci-dessus : l'une juridique et l'autre technologique.

PARTIE II
LE PEUPLE EARTHLINGS
ARTICLE 5

Le droit à l'autodétermination

Le fondement juridique du peuple Earthlings s'appuie sur deux normes en vigueur du droit international : la liberté d'association et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Ces deux normes sont en vigueur ; leur application à un peuple volontaire et non territorial est une question que le droit n'a pas encore eu à trancher. Nous le reconnaissons ouvertement et nous y répondons comme de telles questions ont toujours été tranchées : par la pratique.

La liberté d'association est le droit individuel incontesté de toute personne. En l'exerçant, les gens forment une communauté durable dotée d'une conscience de soi commune, d'une volonté collective et de ses propres institutions - c'est-à-dire un peuple. Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes appartient à une communauté déjà ainsi formée : il est la conséquence d'un peuple constitué, et non la matière à partir de laquelle on l'assemble. Ceux qui rejoignent les Earthlings ne surgissent pas d'un vide juridique - chacun appartient déjà à un peuple auquel ce droit est reconnu. La licéité des actions des Earthlings ne dépend pas, quant à elle, de l'issue du débat sur leur qualité de peuple : elle repose sur la liberté d'association ; ce qui s'accumule, c'est le statut, non l'autorisation d'agir.

Sur ce fondement, le peuple Earthlings déclare l'exercice de son droit collectif à l'autodétermination - un droit fondamental reconnu par le droit international comme le socle de l'existence libre des peuples. Une telle association mérite un examen juridique de bonne foi, et toute restriction qui lui serait imposée devrait être appréciée à l'aune des critères de légalité, de nécessité et de proportionnalité, et non de l'étrangeté de la forme elle-même.

Deux dimensions de notre existence
DE FACTO ET DE JURE
DE FACTO - Nous existons

Le peuple Earthlings existe comme une réalité en vertu du libre choix des gens de s'unir autour de valeurs communes. Son existence n'est pas créée par une reconnaissance venue de l'extérieur - elle procède d'une volonté collective et se confirme par la pratique de la participation, dont l'infrastructure fonctionne déjà.

Comme tout peuple à son stade initial, les Earthlings bâtissent leurs institutions progressivement : le fait de l'existence d'un peuple exige une volonté commune et une capacité d'auto-organisation, et non l'achèvement de chacune de ses institutions.

DE JURE - Nous sommes ouverts à l'engagement juridique

La reconnaissance ne crée pas les Earthlings, mais le dialogue juridique peut rendre cette réalité plus perceptible au droit international et ouvrir la voie à une participation limitée, progressive et fonctionnelle aux processus mondiaux.

Le droit international ne contient aucune définition exhaustive de la notion de "peuple" et n'interdit pas l'apparition de nouvelles formes de constitution d'un peuple. Dans la doctrine juridique, les marques d'un peuple se répartissent entre des marques objectives (territoire, langue, ethnicité, histoire) et des marques subjectives (une conscience de soi commune, une volonté collective, ses propres institutions) ; les marques subjectives sont tenues pour le noyau de la notion, ce qui distingue précisément un peuple d'une simple population. Chez les Earthlings, elles sont présentes sous une forme manifeste : la conscience de soi est consignée dans la Déclaration, la volonté est formalisée par la procédure d'adhésion et de vérification, et l'infrastructure des institutions est construite et déployée. Le rôle des liens objectifs traditionnels est tenu par une appartenance planétaire commune et des valeurs communes.

Les Earthlings ne créent pas un "homme nouveau" - ils créent une nouvelle forme d'association entre des personnes qui appartiennent déjà à des peuples et des cultures existants. La voie de l'engagement juridique n'a rien à voir avec le fait de supplanter l'État : c'est le développement progressif de canaux admissibles - dialogue d'experts, mémorandums de coopération et formes fonctionnelles de présence, tous compatibles avec le droit international en vigueur.

Le fondement juridique de la liberté d'association

La liberté d'association est consacrée comme un droit individuel dans une série d'instruments, dont aucun n'énonce de liste exhaustive des formes ou des buts d'association permis :

Déclaration universelle des droits de l'homme (1948), Article 20

Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques.

Pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966), Article 22

Toute personne a le droit de s'associer librement avec d'autres.

Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (1950), Article 11

Toute personne a droit à la liberté d'association avec d'autres.

Document de la réunion de Copenhague de la CSCE (1990), paragraphe 9.3

Le droit d'association est garanti.

Lignes directrices de l'OSCE/BIDDH sur la liberté d'association

Elles développent ces normes vers une lecture large et non discriminatoire.

Le droit est formulé de manière ouverte - comme la liberté de s'associer « avec d'autres » - et ne limite ni le but ni la forme de l'association. Rien en lui n'interdit à des personnes qui se sont librement associées de fonder, précisément, un peuple. La liberté d'association protège l'acte constitutif lui-même. À partir de là, la question se pose comme elle se pose pour tout peuple : le droit n'institue pas les peuples et n'en tient pas de registre - aucun peuple dans l'histoire n'a jamais eu à passer par une procédure de reconnaissance de son existence ; l'existence d'un peuple s'établit d'après ses marques, lorsqu'une question juridique concrète se pose. Les Earthlings construisent leurs institutions de manière que ces marques soient vérifiables à tout moment.

Le fondement juridique de l'autodétermination

Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est consacré dans les documents fondateurs du droit international :

Charte des Nations Unies (1945)

Article 1, paragraphe 2 : développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes.

Pactes internationaux relatifs aux droits de l'homme (1966)

Article 1 : tous les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes et, en vertu de ce droit, déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel.

Déclaration relative aux principes du droit international (1970)

Elle affirme le principe de l'autodétermination comme un fondement de l'ordre international.

Déclaration et Programme d'action de Vienne (1993)

La Conférence mondiale sur les droits de l'homme a réaffirmé le caractère universel du droit à l'autodétermination.

L'évolution du droit international

Le droit international se développe autant par les textes que par la pratique : lorsqu'une réalité institutionnelle devient suffisamment convaincante, la reconnaissance suit. En 2010, la Cour internationale de Justice a jugé, dans un avis consultatif, que la déclaration d'indépendance du Kosovo ne violait pas en elle-même le droit international - le droit international général ne contient aucune interdiction de telles déclarations. La Cour s'est délibérément abstenue de se prononcer sur la qualité d'État du Kosovo comme sur le droit à l'autodétermination, mais le précédent lui-même montre que l'ordre international peut accepter un acte constitutif unilatéral sans le traiter comme un tort. Taïwan fonctionne depuis des décennies en dehors de l'adhésion à l'ONU (depuis 1971) - un exemple d'un ordre qui tolère des participants au-delà du binaire rigide "État souverain ou aucun statut" (Taïwan est lui-même une entité territoriale et est cité non comme une analogie pour un peuple non territorial). Ces précédents montrent que le droit international est capable d'accueillir de nouvelles formes d'existence collective adossées à une pratique réelle.

Cette autodétermination ne vise pas la séparation, mais l'addition. Le séparatisme retourne le droit à l'autodétermination contre l'État, revendiquant une part de son territoire et de sa souveraineté ; les Earthlings retournent le même droit dans le sens opposé - vers l'association volontaire des gens par-dessus les frontières. Un earthling ne quitte pas le peuple de sa naissance et ne prend rien à son État - il ajoute une appartenance de plus, une appartenance planétaire. C'est la non-territorialité qui place les Earthlings hors de la réserve relative à l'intégrité territoriale : on ne peut empiéter sur ce que l'on ne revendique pas. Le droit ne contient pas davantage d'interdiction de l'émergence de nouveaux peuples - chaque peuple existant aujourd'hui a vu le jour à un moment donné.

ARTICLE 6

La finalité et les fonctions du peuple Earthlings

L'autodétermination d'un peuple commence par l'individu. Le peuple Earthlings est créé pour que, sur les questions d'échelle planétaire, une personne soit un participant et non l'objet des décisions d'autrui. Pour la première fois, une personne ordinaire acquiert une voix directe dans les affaires qui traversent les frontières des États et qu'aucun État ne règle à lui seul.

Une personne a le droit d'être l'auteur de son appartenance, et non simplement d'en être le porteur. L'appartenance aux Earthlings est son propre choix, et par elle elle obtient ce qu'un individu n'a presque jamais eu : la possibilité de participer à la décision des questions communes sur un pied d'égalité avec les autres, au-dessus du pays de sa naissance et de sa position sociale.

La personnalité juridique fonctionnelle

La personnalité juridique internationale n'est pas nécessairement liée à un territoire. Elle peut se définir par la finalité et la fonction. L'Ordre souverain de Malte ne détient aucun territoire depuis 1798, et pourtant il entretient des relations diplomatiques avec environ 112 États et participe à l'ONU en qualité d'observateur. Le Saint-Siège a conservé sa personnalité juridique même pendant les années où il ne détenait aucun territoire. Dans les deux cas, le fondement est la finalité pour laquelle le sujet existe, et non la terre qu'il possède.

Le peuple Earthlings suit la même voie. Il ne revendique pas la qualité d'État et n'en construit pas. Il repose sur sa finalité, ainsi que sur la pratique, la confiance et la bonne foi qui s'accumulent au fil du temps.

L'étendue des tâches

Le monde est devenu planétaire en fait, mais non par son niveau de coordination. L'économie, la technologie et les risques ont depuis longtemps cessé d'être seulement nationaux, et pourtant les décisions se prennent encore à l'intérieur des frontières d'États particuliers. Il est des questions qu'aucun État ne peut régler à lui seul, et ce sont précisément celles dont le peuple Earthlings se saisit :

  • la prévention des conflits armés et l'apaisement des tensions ;
  • la protection de l'environnement et de la biosphère ;
  • les droits des générations futures ;
  • les limites éthiques à la technologie, y compris l'intelligence artificielle.

Sur ces questions, le peuple Earthlings recherche pour l'individu le droit d'être entendu - une voix dans la discussion, et non un pouvoir sur la décision. Son appui est l'idée reconnue du patrimoine commun de l'humanité, déjà en vigueur pour les grands fonds marins et l'espace extra-atmosphérique : elle admet l'intérêt de l'humanité dans son ensemble sans accorder à quiconque de pouvoir sur ces domaines.

Limites

Le peuple Earthlings ne rivalise pas avec les États pour le pouvoir et ne revendique pas les fonctions de la puissance publique. Il ne remplace pas les États et ne supplante pas leurs institutions. Il agit par-dessus les frontières comme une couche de coordination supplémentaire, renforçant l'accord plutôt que de déplacer ce qui existe déjà. Et il ne parle que pour ceux qui l'ont rejoint volontairement, non pour l'humanité tout entière.

ARTICLE 7

Poursuivre le chemin

Le peuple Earthlings poursuit le chemin ouvert par la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Ce document s'adressait à un monde qui avait traversé la catastrophe de la guerre. Aujourd'hui, l'humanité fait face à des défis que ses auteurs ne pouvaient pleinement prévoir : la révolution numérique, une profonde interdépendance planétaire et des systèmes technologiques qui touchent à l'existence humaine elle-même.

Les Earthlings ne défont pas les acquis des droits de l'homme et ne proposent pas de les remplacer par un autre système. Au contraire, ils cherchent à étendre cet horizon normatif à une ère mondiale, où le sort de l'individu est de plus en plus étroitement lié aux infrastructures numériques, aux risques transnationaux et à des décisions qui dépassent tout État particulier.

Nouvelles dimensions de la dignité et de la participation des Earthlings

Le droit à une planète saine - le droit des générations présentes et futures de vivre dans un monde où la préservation des écosystèmes est traitée comme une condition de la dignité humaine et non comme une politique facultative.

La responsabilité envers les générations futures - le devoir de bâtir les institutions, l'économie et les technologies de telle sorte qu'elles ne compromettent pas la possibilité d'une vie digne, libre et sûre pour ceux qui viennent après nous.

Le droit à la dignité numérique - le droit de l'individu de protéger son identité, ses données et son autonomie numérique à une époque où la technologie peut à la fois élargir la liberté et resserrer le contrôle.

Le droit de participer - le droit d'influer sur les décisions d'échelle mondiale : d'en débattre et de prendre part à leur élaboration par des mécanismes accessibles et de bonne foi.

Le droit à la solidarité - le droit d'appartenir à une communauté qui agit à la fois dans l'intérêt de son propre groupe et dans celui de l'humanité comme destin commun.

PARTIE III
FONDEMENT
ARTICLE 8

Les valeurs des Earthlings

Le peuple Earthlings est uni autour de valeurs universelles et inaliénables :

La vie comme valeur suprême
La protection et le soutien de la vie sous toutes ses formes, de la dignité humaine à tout ce qui vit.
Liberté et dignité
Toute personne naît libre. La dignité de l'individu est inviolable. Nul ne peut être fait moyen au service du pouvoir, de l'exploitation ou de l'avilissement d'autrui.
Solidarité planétaire
Face aux menaces communes, les frontières ne doivent pas transformer l'humanité en une collection d'enclaves indifférentes. Toute personne appartient à la fois à son pays et au monde commun.
Justice et égalité
La valeur égale de chaque vie exige une répartition équitable des chances, l'accès au développement et des limites aux systèmes qui reproduisent une inégalité avilissante.
Le souci de la planète
La Terre est notre maison commune et une limite qu'aucun projet humain ne peut franchir. La préservation des écosystèmes, de l'environnement et de la diversité biologique est une condition de l'avenir.
Transparence
Les processus de prise de décision doivent être ouverts à l'examen, et l'information doit être accessible partout où sa dissimulation ne protège personne et ne fait qu'ancrer le pouvoir.
Gouvernance décentralisée
Les Earthlings rejettent la concentration du pouvoir comme norme et recherchent des formes distribuées de prise de décision allant de pair avec la responsabilité, la vérifiabilité et la participation.
Éthique de la technologie
L'intelligence artificielle, le calcul quantique, le génie génétique, les biotechnologies et les technologies spatiales doivent être développés dans l'intérêt de l'être humain et de la vie, et non en vue d'étendre le contrôle sur eux. Aucune architecture numérique ne peut justifier une manipulation cachée, une division en castes ou l'écrasement de l'autonomie humaine.
PARTIE IV
COMMENT CELA FONCTIONNE
ARTICLE 9

Gouvernance décentralisée

Le peuple Earthlings est gouverné au moyen d'une organisation autonome décentralisée (DAO) - une infrastructure numérique de prise de décision collective.

Principes de gouvernance

Égalité de la voix - chaque earthling vérifié dispose d'une voix ; son poids ne dépend ni du capital, ni de la réputation, ni du mérite.

Ouverture du processus - les propositions, les discussions et les résultats des votes sont ouverts à l'examen de tous les membres.

Le droit d'initiative - tout earthling a le droit de présenter des propositions, de soulever des questions et de prendre part à l'élaboration des décisions.

Délégation - sur des questions spécialisées, une voix peut être déléguée, de façon révocable, à ceux qui possèdent la compétence nécessaire.

Protection contre la captation - l'architecture de la gouvernance doit réduire le risque que le contrôle se concentre entre les mains de groupes étroits et doit maintenir la transparence des tentatives d'influence.

Évolution - les procédures et les règles peuvent être modifiées par une décision à la majorité qualifiée, tout en préservant le noyau fondamental de la Déclaration.

Par le DAO, les Earthlings prennent les décisions relatives au développement de l'infrastructure, à l'allocation des ressources, aux partenariats et aux formes de représentation. Des mécanismes de règlement des différends et de protection des droits des membres sont intégrés au système de gouvernance.

ARTICLE 10

La solution technologique

Pour les Earthlings, la technologie n'est qu'un outil. Nous combinons une infrastructure ordinaire (Web2) et décentralisée (Web3), choisissant chaque moyen selon la tâche à accomplir. Le Web3 est employé là où il est constitutionnellement nécessaire : pour l'unicité vérifiable d'un membre, pour protéger le corpus fondateur contre la substitution et pour le vote sans coût monétaire. L'inscription, le registre des membres, la correspondance et l'interface web fonctionnent par des moyens ordinaires.

Vérification biométrique
Une personne, un passeport. Elle confirme que derrière le passeport se tient une seule personne vivante. Les photographies et les scans ne sont pas conservés. La vérification est effectuée par le peuple lui-même (in-house).
Passeport SBT
Un passeport numérique non transférable de l'earthling. Il confirme l'appartenance au peuple et sert de clé d'accès à l'écosystème. Il est lié à la personne et ne peut être acheté, transféré ni falsifié.
Earthlings DAO
L'environnement de prise de décision collective. Un earthling vérifié, une voix. La réputation et la contribution sont visibles mais n'accordent aucune voix supplémentaire.
Earthlings Coin (EC)
Une unité de compte interne pour la coordination et l'entraide, non un actif spéculatif. Une voix dans le DAO ne dépend pas de la quantité d'EC détenue.
La plateforme
Un environnement unique d'interaction : votes, cellules, projets, économie, réputation, carte du peuple, discussions et analytique.
Chaîne de blocs et contrats intelligents
Un registre distribué résistant à la modification unilatérale, et l'exécution automatique d'une partie des accords. Les enregistrements sont transparents et vérifiables.

Ensemble, ces éléments forment quatre couches d'un système unique : l'identité (SBT), la gouvernance (DAO), les incitations (EC) et la coordination (la plateforme). Chaque voix est rattachée à un earthling confirmé biométriquement, et le poids économique est tenu séparé de la voix politique.

Aucun de ces systèmes ne peut orienter secrètement le comportement d'une personne, ancrer des distinctions de caste ou transformer la participation en une forme de soumission.

PARTIE V
PROTECTION DES PRINCIPES
ARTICLE 11

L'immutabilité de la Déclaration

La présente Déclaration est le document fondateur du peuple Earthlings. Elle consigne les valeurs des Earthlings, les fondements de leur existence et l'orientation de leur développement. Son noyau fondamental n'est pas ouvert à révision, tandis que son interprétation, les procédures de son application et les normes qui en dérivent peuvent être précisées et développées sans porter atteinte aux principes de base.

Le noyau immuable

La dignité humaine, la liberté de l'individu, le droit à la vie, la solidarité planétaire, le souci de la planète et le refus de concentrer le pouvoir constituent le noyau immuable de la Déclaration. Ces principes ne peuvent être abrogés par aucun vote, aucun intérêt passager ni aucun document dérivé.

Toute tentative de retirer ou de remplacer ce noyau reviendrait à créer une nouvelle entité qui ne serait pas le peuple Earthlings.

Un tel dispositif est une construction standard du droit constitutionnel, et non une particularité des Earthlings : des noyaux non amendables (les juristes les appellent "clauses d'éternité") protègent la Loi fondamentale allemande ainsi que les constitutions de la France et de l'Italie ; leur finalité est partout la même - empêcher qu'un ordre soit aboli par ses propres moyens démocratiques. Le droit du peuple à la révision n'est pas retiré, mais déplacé vers un mécanisme de dernier recours : le code des Earthlings est ouvert, et une refondation reproduisant l'infrastructure est reconnue comme une continuation légitime (voir la Feuille de Route de la Période de Transition).

Mécanismes de protection

La structure du peuple Earthlings exclut sa transformation en une société commerciale, un organe d'État, un parti politique, une organisation religieuse ou une formation paramilitaire.

Les principes de base de la Déclaration sont consignés dans la Charte des Earthlings et servent d'étalon auquel doit se conformer toute l'architecture de gouvernance, de développement et de représentation du peuple Earthlings.

Mécanismes d'adaptation

Les procédures de gouvernance, les pratiques de mise en œuvre et les normes dérivées peuvent évoluer par une décision à la majorité qualifiée, à condition que ces changements ne contredisent pas la Déclaration et ne touchent pas à son noyau fondamental.

Ce seuil élevé protège les Earthlings des changements impulsifs, de la dérive opportuniste et de la captation, tout en préservant la capacité de se développer et de s'adapter face aux défis à venir.

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Réponses aux objections classiques